Allocution de M. le Préfet à l’occasion de la remise de l'ONM à Mme Caroline Astier

 
 
Allocution de Ziad Khoury, Préfet de la Haute-Saône, à l’occasion de la remise des insignes de chevalier de l’Ordre national du mérite à Madame Caroline Astier
- Le 11 octobre 2019 -

Remettre une décoration à Caroline Astier est un honneur mais aussi un défi, même pour le représentant de l’État. Une de ses marques de fabrique est en effet la discrétion, et il faut donc un petit travail d’enquête pour pouvoir parler d’elle.

Heureusement, la préfecture anticipe tout et nous avions tourné une vidéo l’an dernier lorsque Caroline avait été sollicitée pour la journée internationale de la femme. J’ai eu le plaisir de la visionner à nouveau hier soir et j’ai relevé ceci dans ses déclarations :

- pour Caroline, il y a deux facteurs clé de succès, l’envie et les personnes qui l’entourent, et d’abord son mari qui a toujours été à ses côtés, selon ses propres mots. Je salue donc Lionel Astier, heureux homme avec qui elle s’est unie le 15 juillet 2006 mais qu’elle connaissait depuis la classe de terminale ;

- j’ai aussi noté dans cette interview ces mots : il faut avoir confiance en soi, suivre son instinct, ne pas se mettre des limites, être à la hauteur. Tout est dit.

Au passage, Caroline nous dévoile cette anecdote qui montre sa volonté de tracer son chemin : reçue en entretien d’embauche pour son premier emploi, on lui fit promettre de ne pas faire d’enfants après lui avoir fait comprendre que c’était un homme qui était espéré pour le poste.

On connaît la suite, ce fut, et c’est tant mieux, Chloé, Sarah et Nathan, ses enfants si aimés, au point de ne pas manquer les matchs de foot de Nathan les samedis après-midi.

Caroline Astier, vous avez vu le jour à Paris le 20 mai 1973, mais vos jeunes années furent celle d’un grand voyage. Par le fait de votre père, professeur de français et de latin détaché dans le réseau du ministère des affaires étrangères, vous vécurent dans différents pays, dont l’Autriche et l’Italie.

Vous maîtrisez d’ailleurs très bien la langue italienne après sept années passées dans ce pays. Il en est de même de l’anglais, grâce notamment à une année d’études à San Francisco. Vous ferez fort logiquement une maîtrise de juriste et économiste trilingue à Grenoble, dont vous sortirez major de promotion.

Dans votre itinéraire, vous irez aussi à Strasbourg pour y obtenir, à l’Institut d’études politiques, un Dess de politiques publiques en Europe.

L’Europe, le monde, avec treize années passées à l’étranger, l’ouverture aux autres pays, voilà un marqueur de votre parcours. Il n’est donc guère surprenant que vous citiez les voyages et la photo parmi vos centres d’intérêts, à côté des sports collectifs.

Et il y eut aussi Bruxelles, où vous fîtes vos premières armes en représentant la région Franche-Comté, ses départements, ses chambres consulaires auprès de l’Union européenne.

Mission difficile dans un milieu complexe, dans lequel vous aiderez au montage de projets, à la sensibilisation aux enjeux et mécanismes européens tout comme à la notoriété de nos territoires et de leurs acteurs.

L’Europe encore, avec un nouveau défi, celui du passage à l’Euro, dont vous fûtes le chef de projet au tournant du millénaire à la CCIChambres de commerce et d'industrie du Doubs.

L’international toujours, avec l’importante responsabilité de diriger le département international de la CCIChambres de commerce et d'industrie du Doubs puis de la chambre régionale, sur la période 1998-2016.

Depuis 2017, vous êtes directrice générale de la chambre de commerce et d’industrie de la Haute-Saône, après avoir déjà exercé cette fonction en 2007 et 2008. Vous déployez dans cette éminente mission vos qualités de management, de vision stratégique, de relations publiques et de gestion de projets.

Et les projets ne manquent pas, au nom des entreprises et, bien souvent, de l’intérêt général. Nous le verrons en novembre avec un nouveau forum de l’emploi et un premier salon de la prévention. A côté des enjeux de développement économique et de service aux entreprises, vous pilotez les réorganisations profondes de la chambre consulaire, qui signent une transformation ambitieuse dans un contexte très contraint.

Femme de projets, femme de défis, femme d’engagements, vous restez aussi une femme dans le monde, même si le chemin de Paris à Vienne, Turin, San Francisco, Valence (en Espagne), Grenoble, Padoue, Strasbourg, Bruxelles, Besançon, vous aura finalement fait atterrir à Vesoul, autre forme de voyage.

Ce n’est donc guère surprenant que vous soyez devenue notre référente à CCIChambres de commerce et d'industrie France.

Votre président, Jean-Luc Quivogne, qui a pour vous une affectueuse estime, loue en toutes circonstances votre professionnalisme et votre fidélité. Il est loin d’être le seul.

Interlocutrice privilégiée de la préfecture et des services de l’État, je peux personnellement confirmer votre aura et la confiance qu’inspirent vos hautes qualités.

Chère Caroline Astier, vous êtes de ces femmes qui rendent le monde meilleur, qui rendent notre vision du monde meilleure.

Vous semez autour de vous, sans ostentation, les traces d’un humanisme d’action.

Vous comprenez aussi le monde et ses enjeux, en déclarant par exemple en 2017 que « l’égalité des territoires passe par le numérique ». Le monde, vous ne le subissez pas pour autant car vous tenez à construire votre vie selon vos valeurs comme à faire bouger les lignes autour de vous.

Vous êtes appréciée de tous car vous chérissez le travail en équipe, vous savez valoriser le bon côté des choses, avec un art diplomatique qui ne transige pas sur l’essentiel.

Vos capacités de travail sont impressionnantes, même s’il ne faut pas oublier d’alimenter le moteur, ne serait-ce qu’avec un sandwich ou un plateau repas.

Mais je suis désolé, Caroline, vous n’êtes pas parfaite : votre sens pratique ferait parfois défaut. Alors que vous effectuiez un stage sur la sécurité il y a quelques années, vous êtes allée dans le décor avec votre voiture dès le premier virage.

En dehors de votre travail, vous vous consacrez à votre famille, qui est votre socle et votre port d’attache, où vous donnez aussi votre amour à deux petites filles, Louna et Sarah, comme famille d’accueil.

C’est l’ensemble de ceux qui vous sont chers, et qui sont présents en ce jour physiquement ou par la pensée, que je veux chaleureusement saluer.

Alors oui, il n’est que légitime de vous faire entrer dans l’ordre national du mérite. Plus qu’une consécration, c’est une marque de reconnaissance et d’admiration sur un chemin qui reste à dérouler.

Vous le ferez, pour reprendre vos mots que j’ai cités tout à l’heure, avec confiance, en suivant votre instinct, sans vous mettre de limites, en sachant vous montrer à la hauteur.

Chère Caroline Astier, vous servez les entreprises, vous servez la Haute-Saône, vous servez la France, vous servez les autres. Vous le faites avec un visage bienveillant et un caractère exigeant. Exigeant pour vous-même, exigeant pour le progrès auquel vous croyez sans vous départir d’un discernement lucide.

Votre fil conducteur, c’est l’authenticité.

Vous nous donnez envie de croire en l’avenir, vous donnez envie d’embarquer dans vos voyages. Votre aventure, c’est la vie, et votre vie est un récit d’aventures.

Comme vous aimez la lecture, permettez-moi de vous dire qu’il me semble, finalement, que vous faites vôtre ces mots d’André Gide : « La sagesse n’est pas dans la raison mais dans l’amour ».

Pour télécharger le discours :

> Discours ONM C.Astier - format : PDF sauvegarder le fichiersauvegarder le fichier - 0,09 Mb