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Cérémonies des voeux dans les communes - Janvier 2019

 
 
Éléments évoqués par Ziad KHOURY, Préfet de la Haute-Saône, à l'occasion des vœux dans les communes.

Depuis les vœux auxquels j’ai assisté il y a un an à mon arrivée, j'ai beaucoup parcouru le département, ses villages, ses activités économiques, sociales ou culturelles. Je suis allé à la rencontre de ses forces vives.
J’en retiens une impression positive réconfortante, à rebours de la dévitalisation parfois annoncée :

- j’ai vu une qualité des infrastructures et du cadre de vie, et non pas des territoires abandonnés par les Institutions publiques ;
- j’ai vu un tissu économique et industriel vivant, avec ce modèle de « l'usine à la campagne » ;
- j’ai vu surtout la volonté des Haut-Saônois de travailler, de bâtir et de défendre un territoire qu’ils aiment, dont ils sont fiers et dont ils apprécient les conditions de vie.

Je ne dresse pas un portrait idyllique car je suis bien placé aussi pour savoir la situation précaire de certains de nos concitoyens (je pense aux agriculteurs par exemple), la difficulté parfois d’accéder à certains services (comme la médecine spécialisée), l’existence de secteurs en perte de vitesse économique ou de communes à la situation financière fragile.

La récente étude de l’INSEEInstitut national de la statistique et des études économiques vient aussi nous rappeler l’évolution démographique globalement défavorable d’un département en manque de notoriété, et donc d’attractivité, malgré ses atouts objectifs, à commencer par sa main d’œuvre.

Je veux cependant insister sur quelques éléments qui doivent nous donner de la confiance dans l’avenir et dans notre action collective, à commencer par celle de l’État que je représente :

- j’avais fait de la sécurité routière la grande cause départementale de 2018, et nous avons réussi tous ensemble à diminuer par deux le nombre des morts sur la route et à faire reculer d’un tiers celui des blessés graves. Cela montre que l’action publique, appuyée sur le comportement des citoyens, peut porter des fruits ;

- la Haute-Saône aurait pu être la victime d’une fracture numérique, rester un désert numérique. Or le choix politique fait au plan national et local, au prix d’un grand effort financier, a été celui d’investir massivement dans la couverture mobile 4G et dans l’accès à internet haut débit afin de ne laisser aucun territoire à l’écart à l’échéance 2020 – 2022. C’est un choix fondamental pour donner toutes ses chances
à notre département, car comment imaginer aujourd’hui que des familles, des entreprises, restent ou s’y installent sans cette connexion avec le monde et tous les services qui en découlent ?

- nous sommes un département précurseur pour les pôles éducatifs, qui sont désormais au nombre de 42, offrant ainsi des conditions améliorées d’éducation, sur le plan pédagogique comme matériel. Et le nombre de professeurs a augmenté proportionnellement à celui des élèves, ce qui montre l’effort en faveur de l’éducation en milieu rural, tout comme le début du dédoublement de classes de primaire ;

- le nombre de maisons de santé a doublé depuis 2014 et nous devrions en avoir 24 en 2020, permettant un meilleur accès aux soins ;

- nous aurons aussi 20 maisons de services au public cette année, car s’il faut assurer l’accès aux services publics, il importe de le concevoir avec les moyens modernes et des solutions innovatrices, et pas par la simple défense du statu quo ;

- je pourrais aussi évoquer la dotation de soutien à l’équipement dans les territoires ruraux, qui a également doublé depuis 2014 et va être consolidée cette année à un niveau historiquement élevé.

L’État a les moyens financiers d’accompagner les communes et communautés de communes de Haute-Saône dans leurs projets structurants. Il a aussi à coeur, plus globalement, d’adapter son intervention et la mise en oeuvre des normes à la réalité de chaque territoire local ;

- je voudrais citer enfin une dernière réalité de notre département : si le nombre de demandeurs d’emploi y a baissé depuis un an et demi, il reste plusieurs centaines d’emplois non pourvus, notamment dans les métiers industriels, qui offrent pourtant de bonnes conditions et de réelles perspectives de carrière. Notre défi est de mieux faire coïncider ces offres d’emploi avec les capacités et les attentes de la main
d’œuvre disponible.

Là aussi, soyons volontaristes. Un seul exemple : PSA est parvenue à embaucher l’an dernier à Vesoul, dans le cadre d’un accord sur le temps de travail, 30 personnes en CDI, ce qui ne s’était plus produit depuis 2011. Nous avons également des projets d’implantation ou de développement industriels importants à Vesoul comme ailleurs (Gray, Noidans-le-Ferroux, Champagney, Vougecourt…).

Ces efforts, ces évolutions, nous les poursuivrons en 2019 avec la volonté qu’ils profitent au plus grand nombre. Je peux citer par exemple le schéma départemental pour le co-voiturage que nous allons mettre en place avec le Conseil départemental.

En outre, les beaux moments de joie collective de 2018, comme celle de la victoire en coupe du monde de football, nous allons en revivre avec par exemple l’arrivée du Tour de France à La Planche des belles filles.

En somme, nous aurons à poursuivre la transformation de la France pour qu’elle puisse épouser son destin, fidèle à son identité, qui est celui du rayonnement de notre pays, de la cohésion nationale et de la prospérité des Français.

Je ne voudrais pas éluder le mouvement important de protestation que nous avons vécu depuis le 17 novembre, qui exprime des mécontentements depuis longtemps accumulés, une volonté de vivre dignement et celle d’être pris en considération.
Le paradoxe est que les aspirations de ce mouvement rejoignent largement les objectifs du Gouvernement :

- réduire les prélèvements obligatoires, tout comme la dette publique, qui sont effectivement trop élevés en France, ce n’est pas nouveau. C’est le sens par exemple de la suppression en trois ans de la taxe d’habitation, ce qui signifie un gain en moyenne de 329 euros par foyer en Haute-Saône. Le Gouvernement y a ajouté récemment la suppression de la hausse des tarifs de gaz et d’électricité, celle des taxes
sur le carburant et celle des nouvelles dispositions concernant le contrôle technique ;

- faire que le travail paie davantage, qui est la priorité de la politique gouvernementale, à travers par exemple la suppression des cotisations sociales salariales pour le chômage et la maladie, la prime d’activité ou l’exonération fiscale et sociale des heures supplémentaires. Cette orientation a été renforcée avec les annonces présidentielles récentes. Il y a plus largement le souhait que l’écart de revenus, dans la population active, entre situation d’activité et d’inactivité soit accru ;

- permettre une démocratie plus vivante en enrichissant les modalités de représentation, de dialogue et de participation. C’est le sens des réformes institutionnelles et du grand débat qui va s’engager.

La question transversale qui est aussi posée est celle de la perception de l’effectivité et de l’équité des politiques conduites, qui doit forcément s’apprécier dans le temps.

« Nous attendons la vie » disait Voltaire. En effet, le bonheur, c’est d’abord l’espérance, car nous sommes plus heureux par ce que nous espérons que par ce que nous possédons. En 2019, faisons le voeu à la fois d’espérer et de vivre !

Ziad KHOURY, Préfet de la Haute-Saône

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